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Marathon : la polémique des tortues (?)

Marathon : la polémique des tortues (?) Posted on 16 avril 20174 Comments

Une semaine après le marathon de Paris 2017, il y en a des choses qui se disent.

Des petites polémiques se font, des questionnements se posent genre « est ce que ça veut encore dire quelque chose : courir un marathon? »

Bon autant dire que ce questionnement se pose beaucoup sur les réseaux sociaux. Car si Requia dans son brillant CR sur la foule qui l’emporte dit « qu’il fallait vivre dans une grotte pour passer à coté de l’évènement marathon de Paris » je peux vous dire que le jour même à quelques mètres du passage des coureurs dans le bois de Boulogne, les gens qui bronzaient demandaient « c’est quoi ce bruit? ».
Et le lendemain au taf personne n’était pas bien au courant.

D’où mon rapide raccourci : ça cause beaucoup ..uniquement sur les réseaux sociaux sur les time line concernées.

Revenons au coeur de la polémique « est ce que ça veut dire encore quelque chose, courir un marathon? » (attends ce n’est pas fini) « quand on voit qu’on se dit finisher en plus de 5h, 6h etc.. »
Tout est histoire de délai pour certains. Alors posons d’emblée la question : EN DESSOUS DE QUEL TEMPS EST ON MARATHONIEN?

Ah ah la colle!! vas y je t’écoute!

CE QUE J’EN PENSE

D’abord la petite anecdote personnelle : mon premier marathon je l’ai couru en 4h43 sans prépa spécifique (je n’avais jamais entendu parlé de fractionné, endurance fondamentale, je courrais quoi..). Fière j’en parle et là quelqu’un me dit « au dessus de 4h30 on n’est pas marathonien ».. vlan ! (mais déjà un premier indice sur la durée dite légitime).

C’était en 2009 .. la polémique avait déjà ses fondements il y a plusieurs années.

L’année suivante je me claquais le mollet, l’année d’encore après je finissais Nice Cannes en 3h57.
Honnêtement il est vrai que jamais plus je n’envisagerais de faire un marathon en plus de 4h30. Ca ne m’intéresse pas. Dimanche dernier j’ai vu des marcheurs, beaucoup de marcheurs. Si je dois faire 42 km en marchant je vais en pleine nature, pas sur du goudron.

Après chacun son avis, chacun ses envies .. juste les tortues mettez vous dans vos sas dans ce cas là (c’est à peu près le seul reproche que je ferais)

QUEL EST LE FOND DU PROBLEME?

Au début j’ai dit qu’il s’agissait d’une polémique RS. Les réseaux sociaux et leurs égos. Si c’était ça le vrai fond du problème. L’égo de ne plus être unique? L’égo d’afficher des séances d’entrainement de malade et que c’est Truc Muche avec ses plus de 5h qui récolte le plus de like sur son instagram.
Perso je le dis, quand j’ai vu les résultats de gens hyper équipementés gratos, portés aux nues sur les RS pour être des sportifs non stop, et bien j’ai pensé tout haut « tout ça pour ça? » .. et vu ce que j’entends tout bas, nous ne sommes pas loin du truc.. mais on va faire comme si là je n’avais rien dit.

ok j’ai même pensé « Pourquoi se faire fournir en Puma, Adidas, Nike super chiadé alors qu’il suffisait de marcher en Kalenji spéciales marche » (Mauvaaaaaaise?). Ca aussi je ne l’ai pas écrit hein!

L’autre chose, ce qu’on appelle l’épreuve reine finalement s’en trouverait elle vulgarisée/banalisée par tous ces coureurs auto proclamés « TORTUE »? Affirmant ainsi que tout le monde peut être marathonien. Qu’importe le chrono puisqu’il suffit de franchir la ligne pour être finisher.

J’attends de voir l’arrivée du mouvement tortue en trail ou en triathlon, les nouvelles modes. Ces derniers pour les attirer vont ils supprimer les barrières horaires afin que tout le monde soit finisher? L’avenir nous le dira.

Sinon, pour la petite morale de l’histoire, rappelez vous le premier marathonien, Phidippides, pour être dans les temps, il en serait mort …

Phidippides
Phidippides annonçant la victoire, de Merson

Bon il n’avait pas été sponso le gars, apparemment…cul nu et pieds nus

4 comments

  1. Bonjour,

    Je fais partie des tortues. Je suis celle qui, disqualifiée au kilomètre 25 pour cause de barrière horaire, a continué sa route seule, sans dossard, sans eau, sans supporter. Je suis celle qui, après un semi magnifique (au moins à mes yeux de tortue), a eu une grosse cassure de rythme et, les jambes en bois et le dos perclu de douleur, a dû alterner course et marche pour réussir à finir. Je suis celle qui, après 700 mètres de course, s’est retrouvée seule pour aller jusqu’au bout des 41 km et quelques qui lui restaient.

    Sais-tu que je suis aussi fière de mon temps « de marcheuse en Kalenji » que tu l’es de ton 3h57 sur Nice-Cannes? Ce chrono m’a coûté un effort que ceux qui courent le marathon en quatre heures n’ont jamais fourni. Ce chrono m’a coûté de la souffrance, des douleurs, m’a demandé du courage, de la ténacité… Exactement ce que le tien t’a coûté. Comme toi, j’ai sacrifié des soirées de fête pour être sur route le dimanche à huit heures. Comme toi, j’ai avalé des kilomètres à l’aube, ou le soir après le travail, sous la pluie, par 25° à l’ombre. Comme toi je suis rentrée du boulot au petit trop, sac au dos, seul moyen de caser une séance. Comme toi j’ai fait du fractionné sur piste, et il m’est arrivé de vomir après une session tant l’effort avait été violent, tellement j’avais tout donné.

    Cette pseudo-polémique sur les « tortues » est ridicule. La course à pied est une école de courage, d’humilité et de dépassement de soi. Il y a une barrière horaire de six heures: qui franchit la ligne dans le temps imparti est marathonien. Qui la franchit en un peu plus de six huires est marathonien également : parce que cette personne aura eu mal, soif, faim, aur douté… Comme toi, comme tous les autres.

    Alors, oui, tout le monde peut être marathonien. Pourquoi cela te dérange-t-il? Le temps decelui qui court en six heures porte-t-il ombrage à ton chrono personnel? Ce qui fait la différence ce n’est pas le chrono: la différence est entre ceux qui osent, et ceux qui se disent « pfff, je n’y arriverai jamais ».

    Je me suis lancée dans la course justement après le très beau billet de Sonia (du blog Les chroniques de Sonia) sur son premier marathon. Son compte rendu était simple, sobre, rempli de joie, et l’impression qu’elle en donnait était « c’est faisable ». Alors, j’ai pensé que oui, c’était faisable. Et je me suis lancée. Et je l’ai fait. Et je vais le refaire. Et, d’après les nombreux commentaires que j’ai pu lire, nous sommes plusieurs dizaines à nous être lancées grâce à ses billets modestes, positifs, constructifs…

    Je suis la première à dire que oui, toit le monde peut courir. Que oui, tout le monde peut faire un marathon: la seule vraie limite est celle que l’on se met à soi-même. Et j’applaudis les derniers – dont je fais souvent partie: car ils se battent contre eux-mêmes, Mais aussi contre le mépris affichés de certains coureurs plus rapides qui, au lieu de les féliciter pour leur ténacité, les critiquent pour leur « mauvais chrono » – y compris quand ils sont dans le temps imparti…

    Enfin, je n’ai jamais abandonné une course. Malade comme un chien, déshydratée, épuisée… je suis toujours, toujours, toujours allée au bout. Pour autant je ne regarde pas de haut ceux qui décident d’abandonner. Je respecte leurs efforts. Merci de respecter les efforts des autres.

    1. Tout d’abord j’en suis fort contente pour toi que tu admettes prendre du plaisir (je ne vois pas autrement) à avoir un dos perclu de douleur, de la souffrance, malade comme un chien, déshydratée (la belle erreur ).. ce n’est pas mon mantra . oui j’ai osé abandonner des épreuves car à la limite de la déshydratation , dernièrement un semi car la jambe n’aurait pas supporté.. oser c’est bien, être raisonnable c’est aussi pas mal. Mais libre à toi..
      Maintenant relis bien ce que j’ai écrit : ça ne me gène aucunement que tu cours à ta vitesse. C’est moi que ça gênerait de mettre autant de temps (moi ma petite personne , moi) car je n’y trouverait pas mon plaisir. quitte à marcher je préfère randonner (et c’est ce que je fais).
      Tu me parles de Sonia. je l’ai accompagné sur les derniers km du marathon, et bien non je n’aurais pas voulu être à sa place.
      Donc encore une fois je ne prends pas plaisir à être tortue car ça voudrait dire qu’il y a un truc qui cloche et je ne prends pas plaisir à souffrir le martyre (oh peut être de temps en temps une petite fessée, quitte à être maso 🙂 ), ni à gacher une éventuelle saison parce qu’il faut être finisher au prix de la souffrance. (tiens merci pour l’idée du prochain article)

      Et puis non, comme toi, je ne sacrifie plus mes soirées de fêtes, je ne me lève pas le matin aux aurores, surtout pas le dimanche (sauf pour le vélo)
      Bref chacun ses objectifs.. le tien n’est pas le mien.
      Donc merci de bien lire surtout la morale de l’histoire.

  2. J’ai pourtant l’impression que ça te gêne, les gens qui courent lentement. Tu parles d’eux en les qualifiant de « tortue ». Le terme est quelque peu condescendant – du moins à ma compréhension. La barrière temps est généralement de six heures, pour finir un marathon. Où est le problème de finir cette course en 5h55? Pourquoi penser que les coureurs lents « vulgarisent » le marathon? Quand à regretter que l’épreuve devienne se démocratise, ma foi… Je trouve plutôt positif de voir de plus en plus de gens viser plus haut, plus loin… Se dépasser.

    Il reste des marathons réputés « difficiles », qui attireront sans doute moins les marcheurs en Kalenji. Puis les grandes distances , le marathon des sables, l’UTMB… Peut-être que, grâce aux « tortues », les coureurs rapides vont se tourner vers d’autres épreuves plus élitistes, et progresser?

    Enfin, non, je ne suis pas masochiste, ne prends pas de « plaisir » à finir malgré un souci physique. Par contre, je suis contente de voir que mon corps m’accompagne, que ma course lente me,permet de m’économiser et de tenir la distance, que j’ai un bon mental, solide et persévérant. Pour moi la course n’a jamais été facile, malgré les entraînements, et je suis fière de ce que j’ai pu réaliser, à ma façon, avec mes chronos, aussi « lents » puissent-ils être.

    1. Euh parce que les gens s’auto nomment comme ça 🙂 ce n’est pas de moi.. Je ne me serais pas permise.
      Et pour info L’utmb est du trail.. On n’est pas dans la même catégorie, ni la même discipline .. Donc il faut éviter les comparaisons avec les courses goudron. Comme le MDS..

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