Posted in Forme & Bien-Etre Sport

Ironman de Francfort, il fallait une première fois

Ironman de Francfort, il fallait une première fois Posted on 8 juillet 20157 Comments

Compte rendu de ma course du jour qui était LA course de l’année en ce qui me concerne : l’Ironman de Francfort.

3,8 km de natation / 180 km de vélo / 42 km de course à pied

Six mois de préparation, où j’ai peu vu les gens car j’avais piscine, où je n’ai fait aucun we prolongé cette année et dieu sait qu’il y en avait, car j’avais vélo.
Et depuis une semaine l’oeil rivé sur la météo. C’est la canicule partout, celle de France se déplace en Allemagne.

**** musique d’ambiance ****
Il fait chaaaaaaaaaudoh ohohohoho ho oh

J’arrive vendredi à Francfort pour me mettre dans l’ambiance et aussi parce que les triathlons Ironman (marque déposée, c’est certe un format mais c’est aussi très marketing) c’est une organisation : briefing à telle heure, retrait des dossards à tel horaire, dépot des vélos tel jour, etc.

C’est festif , les gens sont là par bande , moi je suis seule, ça me plombe un peu l’ambiance .. bref c’est ma force de caractère on va dire (sur laquelle on joue un peu trop).

J’arrive aussi avec mes apréhensions.. je sais nager 3,8 km, mais dans quel état sur une seule traite. Et surtout je sais qu’il me manque une année au moins de pratique de vélo, je le sais, je le sens. Appréhender les descentes, être passée non sans mal aux pédales automatiques qui t’obligent à faire corps avec le vélo (si tu déclipses pas, à l’arrêt tu tombes!) et surtout avaler les kilomètres et gravir quelques pentes, choper son bidon (le récipient!!) pour boire, ce que j’ai beaucoup de mal à faire.

Récupération du dossard, trop fière :

Dossard Ironman

A l’hotel je prépare mes sacs : le rouge pour les affaires de running , le bleu pour les affaires de vélo, le blanc celui que je récupère à l’arrivée si je veux me changer.
Ce genre d’organisation évite au moins les oublis, le check avant le check.

Ironman

**** musique d’ambiance ****
(Re) Il fait chaaaaaaaaaud  oh ohohohoho ho oh

L’apres midi je pars déposer le vélo au plan d’eau avec la navette mis à dispo par l’orga. Sauf que tous les francfortois, francfortais… enfin les gens de Francfort ont décidé d’aller bronzer là bas .. méga embouteillage juillétiste, fort heureusement le bus est climatisé pour l’heure qu’on passe dedans.

Parc à vélo Ironman

et surtout le plan d’eau, l’image n’est pas assez grande pour montrer le parcours!

Natation Ironman

Retour à l’hotel, se mettre à la fraiche et manger des sucres lents.. et dodo.
Bizarrement j’arrive facilement à m’endormir, ce qui est essentiel sachant que mon réveil doit sonner à 4h15 (oui oui 4h15)… sauf que je suis réveillée vers 2h avec impossibilitté de me rendormir, je commence mon angoisse.
J’ai prévu mon petit dej comme pour une grosse sortie vélo (conseil du coach) donc des céréales, du lait d’amande additionné de bananes.

Puis direction la navette qui doit nous emmener sur le point d’eau. La chaleur dans les rues est déjà très haute, mauvaise augure.
L’eau est à 26,5 degrés, un mail nous a déjà averti que la combinaison est interdite, ça va nager moins vite.
Je check le vélo, gonfle les roues et vais patienter sur la plage pour le départ de 7h, ma vague.
Un coup d’hymne national allemand et hop c’est le départ des pros…puis la première vague et enfin ma vague.

3800 m de natation

La limite de sortie de l’aire de transition natation/vélo est fixée à 2h30. Je sais que je peux le faire.
J’essaye de me mettre en retrait et sur le coté pour ne pas prendre de coup mais rien n’y fait, j’en prends quand même. A chaque fois que j’arrive à prendre ma cadence pour bien avancer quelqu’un vient me mettre les pieds dans la figure. Je dois continuellement relancer la machine. A la fin de la première boucle (1500m) je me sens bien mais me refuse à regarder ma montre pour ne pas voir de précieuses minutes perdues à la sortie à l’australienne (on sort de l’eau , on court quelques metres et on se remet à l’eau). Cette partie m’a parue longue, alors que la suivante l’est plus et pourtant elle me paraitra équivalente. Qunad je vois le dernier tournant je me dis « allez c’est la dernière ligne droite, donne tout ce que tu as dans les bras ».
Enfin je sors de l’eau!
En 1h53!
Plus que je n’avais prévu. Pas grave pas de combi à enlever je vais récupérer en transition…
C’était sans compter l’aberration : on sort de l’eau direct dans du sable jusqu’aux tentes! Et pas de tapis! et pas d’eau au niveau des tentes. Je perds énormément de temps à enlever le sable pour enfiler mes chaussettes… c’est n’importe quoi!

Et hop sur le vélo!

180 km de vélo

… ou presque
L’histoire s’achève à 96 km environ.
Ou avant .. au vue des temps c’est à partir de 60km que j’ai eu un problème:

temps velo

Pourtant j’arrive au départ à me fixer la moyenne en vélo voulu pour tenir les délais : du 25km/h (je ne suis pas bonne en vélo).
Puis arrive la première cote qui me file un sacré coup aux pattes, mais je tiens puis une autre, et la fameuse partie pavée avec sa petite côte… normale que je ralentisse.

Mais là où je commence à m’inquiéter c’est quand je vois que sur le plat je n’avance plus… première alerte.
En fait mes mollets se tétanisent et je vois même sur le gauche comme une boursouflure. Pourtant je m’hydrate bien comme on m’a dit alors que c’était ma hantise.

Je n’arrivais pas à choper mon bidon pendant les entrainements ?? il faut croire que l’instinct de survie d’un coup m’a donné cette capacité. Une gorgée toutes les 10 minutes.

Puis arrive la fameuse heartbreak hill.

C’est là que tout s’est joué. Le ravito est en haut de la côte. Dans ma tête l’équation est simple, je mets le pied à terre pour récupérer car je n’en peux plus et je me refais une petite fraicheur au ravito pour finir la première boucle et commencer la seconde. C’était sans compter sur le staff. Je dois avoir une sale tête car des gens m’arrêtent, le speaker fait même un appel pour le camion de la croix rouge (au passage qui ne sert pas à grand chose, un de mes coups de gueules pour le coup : ils ne veulent pas trop que je reparte mais m’a-t-on à un moment pris ma tension???). Après quelques explications en anglais, enfin ce qui veut bien sortir de mon cerveau, je leur explique que je vais continuer jusqu’au ravito, mais j’ai déjà perdu énormément de temps alors qu’on ne m’a pas apporté grand chose. Je regarde ma montre .. ça commence à être mort.. même si on me dit que la barrière des 6h pour l’instant saute .. j’arrive enfin à me tirer des pattes de la croix rouge pour arriver au ravito. C’est là que j’aurais du vraiment faire mon arrêt. Histoire de recharger un peu et continuer.

Bon ok j’ai eu du mal à recaler , c’est dire la force dans les jambes, cela dit j’aurais poussé le plus loin possible avec toujours un faible espoir.

Mais là la perte de temps était telle que même si ils faisaient sauter les barrières horaires, je n’avais pas assez de temps pour faire le marathon.

Alors il a fallu faire un choix, continuer le plus possible même en sachant que c’était mort et se mettre encore plus mal, ou décider là d’arrêter. Ce fut la seconde option, m’arrêter à la fin de la première boucle. D’ailleurs je pense qu’ils avaient instauré la barrière horaire car pas vu d’embranchement pour la seconde boucle : j’ai atterri directement à l’aire de transition (ou trop fatiguée pour voir, je ne sais). Avez vous déjà pédalé en pleurant , ben ce n’est pas facile.

Direction la tente des arbitres pour notifier l’abandon. La qualité de la réception à ce niveau là est plus que nase (deuxième coup de gueule) : tu n’es pas finisher, on ne s’inquiète pas de tes besoins, tu demandes de l’eau on ne t’en donne pas, ils ont pas et ne savent pas où t’orienter (au bar peut être ), un médecin pourquoi faire? (ça c’est qu’un français m’a raconté : il abandonne pour coup de chaud, pas bien , ils lui ont donné un gobelet et zou dehors!). Le truc qui aide à te remonter le moral.

La chaleur est de pire en pire (45 degrés me dira quelqu’un qui a pu la mesurer). Dégoutée je rentre à mon hotel directement, pas envie de voir les arrivées, envie de me terrée et aussi me refroidir.

Je ressors vers 17h pour récupérer mes affaires, me sentant physiquement mieux. A peine dehors la chaleur plus qu’étouffante me happe. Clairement est il possible de courir par ce temps?
Je vois les gens qui finissent, ceux qui continuent dans la souffrance, des éponges coincées partout (??). Il n’y a pas à dire, ceux qui finiront seront vraiment des ironmen !

J’essaye de me persuader qu’il ne faut pas avoir de regret, que je n’aurais pas pu …. mais même le pincement est là. Et si et si… Alors que non.

Les gens m’ont dit de ne pas parler d’échec mais le sentiment est là, quand même. Qu’il s’agissait d’une répétition, que c’est comme ça qu’on apprend, que les conditions n’y étaient pas etc…
Ca fait quand même mal au moral.

Alors si je dois réellement en tirer un bilan :

  • Je tiens la distance de natation, reste à aller un chouia plus vite
  • Pratiquer encore et encore le vélo, les longues distances et les montées, il n’y a pas de secret.
  • Revoir le positionnement sur le vélo : hauteur de la selle, position des cales, etc… je crois que ça a un peu joué sur mon inconfort.

Et surtout un ironman ça se prépare! Certains m’ont dit que j’avais investi beaucoup dans mon entrainement, une personne seulement (plus la taupe qui observe mes sorties en douce) est à même de peut être contredire cette hypothèse .. un poil trop dilettante.

De cette journéeb et de l’Ironman de Francfort, il ne me reste plus que cette tasse :

FB_IMG_14361068556685807

Mais si on remarque bien, elle ne précise pas l’année….. L’Ironman de Francfort serait il mon saint graal, mon mont Everest??

PS : depuis le début d’écriture du CR j’ai appris que la chaleur avait fait un mort sur l’Ironman de Francfort. Le sport et l’exploit c’est bien, la raison ce n’est pas mal non plus.

7 comments

  1. Je suis vraiment admirative et ça me booste pour tenter un petit triathlon l’année prochaine. Vraiment bravo tu y es allée et c’est énorme, l’année prochaine sera la bonne !

  2. Tu m’étonnes que t’a bien fait d’arrêter…franchement c’est le chemin qui mène qui est intéressant, après ce sera pour une autre fois, t’a déjà vu où progresser, et en plus la chaleur c’est le mal…ça aurait été au Groenland ou en Suède ça se serait mieux passé !!

  3. Hello frogita, on ne se connaît pas mais je suis arrivée chez vous via Sonia… La lecture de votre récit m’incite à vous écrire et vous témoigner de mon admiration pour l’exploit accompli votre ténacité. Les grandes chaleurs sont redoutables pour l’effort… Alors pour un défi pareil! Vous pouvez être fière de vous et ne pas le vivre comme un échec.
    Bravo!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *